Brèves Le Concert Spirituel fête ses 35 ans !
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Le Concert Spirituel fête ses 35 ans !

11/01/2023
Hervé Niquet © Henri Buffetaut

Ses origines remontent en réalité à bien plus longtemps… Créé en 1725, Le Concert Spirituel, première société de concerts privés française, chamboule le paysage musical du XVIIIe siècle, puis disparaît après la Révolution. En 1987, Hervé Niquet choisit de reprendre le nom de cette institution pour baptiser son nouvel ensemble, qui renouvellera à son tour l’univers musical de son époque : dédié principalement à l’interprétation de la musique sacrée française et à la redécouverte du patrimoine lyrique tombé dans l’oubli, Le Concert Spirituel excave de nombreuses merveilles inédites. 

Voilà 35 ans, avec son inaugural Don Quichotte chez la duchesse de Boismortier (1743), l’ensemble donnait tout de suite le ton : ce ballet comique délirant et loufoque (« un antidépresseur sans effets secondaires », dixit le chef) est à l’image de son fondateur, le Picard Hervé Niquet. Un personnage truculent, « qui a le boyau de la rigolade », comme il le disait lui-même sur les ondes de France Musique, dans Les Grands entretiens, en 2017.

L’anniversaire du Concert Spirituel coïncide avec le lancement de la « tétralogie baroque », qui s’achèvera en 2025. Au programme de ce projet ambitieux, organisé en partenariat avec le Centre de musique baroque de Versailles et le Théâtre des Champs-Élysées, deux raretés – Ariane et Bacchus de Marais et Iphigénie en Tauride de Desmarest et Campra –, mais également deux piliers du répertoire : Médée de Charpentier et Persée de Lully. 

Car si Hervé Niquet se plaît à « s’occuper des cabanes de cantonnier » et à œuvrer pour leur défense – les ingénieurs des ponts et chaussées les ont en majorité détruites en France –, cela ne l’empêche pas de « faire également des Notre-Dame de Paris », ainsi qu’il l’avait affirmé, toujours à l’antenne.


Hervé Niquet et Le Concert Spirituel © Pascal Le Mée

Le CMBV, dont l’activité de recherche musicologique foisonnante permet d’avancer dans le domaine l’interprétation « historiquement informée », est le grand allié du Concert Spirituel dans le sauvetage du patrimoine français. Hervé Niquet s’en nourrit tout naturellement, et cette collaboration les mène à remettre totalement en question la conception du son français « tel que les pionniers du baroque l’ont réinventé et pratiqué depuis les années quatre-vingt », explique Benoît Dratwicki, directeur artistique de l’institution versaillaise.

En réunissant des œuvres issues du répertoire de l’Académie royale de musique sous le règne de Louis XIV, cette tétralogie sera donc l’occasion pour Le Concert Spirituel de continuer de « questionner un demi-siècle de Renouveau baroque, de reconsidérer les habitudes établies, tant dans les pratiques des musiciens que dans le goût du public », annonce le CMBV, qui, de son côté, participe donc à qu’il nomme avec humour le « renouvellement du Renouveau ». 

Les héroïnes des quatre tragédies continueront, quant à elles, de faire pleurer, s’interroger, se remettre en question et s’émouvoir, comme elles le font si bien depuis des siècles. Et la prochaine est redoutable : Médée commettra son infanticide sous les traits de Véronique Gens, le 27 mars prochain, au Théâtre des Champs-Élysées, dans l’unique tragédie en musique de Marc-Antoine Charpentier.

ROXANE BORDE

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