Haendel : Arminio

Max Emanuel Cencic (Arminio) – Layla Claire (Tusnelda) – Petros Magoulas (Segeste) – Juan Sancho (Varo) – Vince Yi (Sigismondo) – Ruxandra Donose (Ramise) – Xavier Sabata (Tullio)

Armonia Atenea, dir. George Petrou

2 CD Decca 478 8764

Cet enregistrement de studio du rare Arminio de Haendel, effectué au Megaron d’Athènes, en septembre 2015, de même que la production du « Festival Haendel » de Karlsruhe qui a suivi (voir notre rubrique « Comptes rendus » dans ce numéro), sont à mettre prioritairement au crédit du contre-ténor austro-croate Max Emanuel Cencic, devenu imprésario indépendant par l’intermédiaire de la société Parnassus Arts Productions, qu’il a cofondée.

Le principe est de préparer, de toutes pièces, un enregistrement et/ou un spectacle, puis de proposer le projet aux acquéreurs intéressés, quasiment clés en main. La société est basée à Vienne, les musiciens et les chanteurs sont tous cooptés par le maître d’œuvre, Decca ne faisant finalement ici que prêter son étiquette.

Pour Arminio (Londres, 1737), le terrain discographique était seulement occupé par la version dirigée par Alan Curtis, chef et musicologue américain récemment disparu (Virgin Classics, 2000). Un travail largement éclipsé par la nouvelle venue, tant les solutions trouvées par le chef grec George Petrou, à la tête d’un ensemble Armonia Atenea particulièrement réactif, et cependant toujours agréable de sonorité, sont systématiquement meilleures.

Tempi plus vifs mais sans appuis brutaux, –continuo bien intégré et dépourvu d’agressivité bavarde, on est immédiatement convaincu. Se dégagent enfin les lignes d’un ouvrage important, injustement mésestimé, impossible à classer désormais parmi les relatifs ratés de la production haendélienne.

Par rapport à la production de Karlsruhe, seuls deux seconds rôles changent. Côté contre-ténors, on gagne ainsi l’excellent Tullio de Xavier Sabata, mais on retrouve malheureusement le Sigismondo problématique de Vince Yi. En studio, la justesse a pu être mieux préservée, mais on sent le chanteur toujours proche de déraper et la maigreur acidulée de son timbre dans l’aigu devient vite crispante. Même pour un rôle de caractère plutôt comique, encore que très virtuose, le handicap est gênant.

En revanche, que des beaux moments chez Max Emanuel Cencic, Layla Claire, Ruxandra Donose et Juan Sancho, la vivacité des tempi n’empêchant jamais une conduite des vocalises d’une souplesse véritablement belcantiste. Point culminant, la fin de l’acte II, avec l’air « Vado a morir », dignement porté par Cencic jusqu’à des paroxysmes d’émotion !

Malgré Vince Yi, un enrichissement important de la discographie haendélienne.

LAURENT BARTHEL

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