CD / DVD / Livres Les Funérailles Royales de Louis XIV
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Les Funérailles Royales de Louis XIV

26/03/2018

Lalande, Philidor, Colin, Chein, D’Elfer
Céline Scheen (dessus) – Lucile Richardot (bas-dessus) – Samuel Boden (haute-contre) – Marc Mauillon (taille) – Christian Immler (basse-taille)

Pygmalion, dir. Raphaël Pichon. Réalisation : Stéphane Vérité (16:9  ; stéréo : PCM 2.0 ; Digital DTS Surround) 1 DVD & 1 Blu-ray Harmonia Mundi HMD 9909056.57 &&&&&

Louis XIV, on le sait, a théâtralisé les moments importants de son long règne, en les transformant en œuvres d’art – et pas seulement grâce à Lully et Molière. Il a évidemment préparé, dans le même esprit, ses obsèques que Raphaël Pichon a tenté de recréer, les 3 et 4 novembre 2015, dans la Chapelle Royale de Versailles, avec la complicité de Thomas Leconte et Nicolaï Malsenko. Il s’agit, en fait, d’une évocation car, si la levée du corps a effectivement eu lieu au château, le cercueil a été ensuite transporté jusqu’à la basilique de Saint-Denis. C’est là que se sont tenues les principales cérémonies, dont on ignore le programme musical exact. Le De profundis de Michel-Richard de Lalande a bien été joué, tout comme son Dies irae a probablement été exécuté à la fin du « grand deuil ». Pour le reste, Pichon et ses compères ont puisé dans le répertoire de la Musique de la Chapelle. À des plains-chants anonymes, s’ajoutent ainsi un De profundis de Jean Colin, des motets de Louis Chein et Charles d’Helfer, ainsi que la Marche pour les Pompes ­funèbres des cérémonies ­extraordinaires d’André Danican Philidor, qui accompagna peut-être la procession nocturne vers Saint-Denis. Bien filmé par Stéphane Vérité, notamment dans les plains-chants, plongés dans des ténèbres jamais opaques. on se laisse prendre à ce « concert mis en scène », utilisant tous les espaces de la Chapelle Royale. D’autant que l’interprétation de Raphaël Pichon et de son ensemble Pygmalion (orchestre et chœur) est sensible et soignée. Les grandes pages de Lalande, en particulier, sont données avec une ferveur évitant toute ostentation. Le quintette de solistes est remarquable. S’en détachent le contralto puissant de Lucile Richardot, la ductilité du phrasé de Marc Mauillon et le mordant du chant de Christian Immler. Au bilan, un document d’un réalisme historique hypothétique, mais une expérience musicale de toute beauté.

JEAN-LUC MACIA

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