CD / DVD / Livres Wagner : Der fliegende Holländer
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Wagner : Der fliegende Holländer

29/01/2018

Kwangchul Youn (Daland) – Ingela Brimberg (Senta) – Nikolai Schukoff (Erik) – Kai Rüütel (Mary) – Benjamin Bruns (Der Steuermann Dalands) – Samuel Youn (Der Holländer)

Coro y Orquesta Titulares del Teatro Real, dir. Pablo Heras-Casado. Mise en scène : Alex Ollé/La Fura dels Baus. Réalisation : Stéphane Vérité (16:9 ; stéréo ; DTS 5.1)

1 DVD + 1 Blu-ray Harmonia Mundi HMD 9809060.61

La création de la production à Lyon, en 2014, puis sa reprise à Lille, en 2017, avaient suscité des jugements contrastés (voir O. M. n° 100 p. 44 de novembre 2014 & n° 128 p. 43 de mai 2017). La captation de Madrid, en 2016, redistribue la donne.

Parce que la vaste scène du Teatro Real rend mieux justice aux intentions d’Alex Ollé et à son concept très fort autant que fidèle à l’esprit de l’œuvre, comme le filmage de Stéphane Vérité à sa direction d’acteurs poussée : univers cruel et comme halluciné, mêlant étroitement rêve et réalité, avec cette unique et monumentale étrave d’un vaisseau de fer échoué sur une plage improbable, habitée par une population misérable.

Parce que la distribution, complètement différente, renforce encore ce sentiment d’inquiétante étrangeté qui renouvelle notre vision. Bien meilleur que dans l’horrible production de Bayreuth, en 2013 (Opus Arte), Samuel Youn est un Hollandais au masque fascinant, terrifiant même, avec une émission puissante, une prononciation parfaite, un beau phrasé, et une intériorisation étonnante, par un jeu de regards notamment, dont la caméra rend bien compte.

Senta très belle en scène, et dont l’intensité de jeu et d’expression fait oublier une certaine dureté des aigus, Ingela Brimberg donne un personnage qui atteint, lui aussi, très vite à l’émotion. Leur duo, tel qu’il est détaillé par la caméra, est un des nombreux moments forts auxquels on reviendra.

On passera facilement sur le vibrato un peu marqué de Kwangchul Youn, tant la maîtrise du rôle de Daland est impressionnante. Comme sur celui du Pilote de Benjamin Bruns, tant le timbre est séduisant. Plus que celui de Nikolai Schukoff, qui donne, en revanche, l’Erik fier et énergique correspondant aux intentions de la production, comme la Mary très bien chantante de Kai Rüütel.

Pablo Heras-Casado, enfin, avec son orchestre somptueux et ses excellents chœurs, équilibre de façon exemplaire lyrisme et pulsation rythmique, pour ce qui est, peut-être, la meilleure direction de l’œuvre entendue récemment.

FRANÇOIS LEHEL

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